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Séverine Walker : la classe flexible favorise l’inclusion de tous les élèves

2 septembre 2019

Séverine Walker, bien connue pour son blog Maitresse Sev, a reçu l’équipe de Classe de Demain dans sa classe de CE1 à l’école Trait d’Union. Pour cette enseignante passionnée, l’un des aspects les plus importants de sa mission est d’inclure tous les élèves dans la classe, pour qu’ils s’y sentent bien et puissent évoluer selon leurs capacités, quels que soient leurs besoins. Dans cette vidéo, elle évoque avec nous sa façon de travailler dans la classe flexible et la manière dont elle y a aménagé différents espaces.

Séverine Walker a exercé plusieurs années en CLIS (ancienne dénomination des classes ULIS), où elle a travaillé avec des élèves atteints de troubles des fonctions cognitives.

Enseigner en classe ULIS l’a amenée à beaucoup réfléchir aux moyens d’inclure tous les enfants en classe. Aujourd’hui, elle enseigne en CE1 à l’école Trait d’Union. Il s’agit d’une classe dite « ordinaire », mais qui réunit des élèves très différents les uns des autres pour aboutir à un ensemble assez hétérogène. Finalement, que l’on soit en ULIS ou en classe ordinaire, la question reste de trouver comment inclure des élèves aux capacités et besoins variables, qu’il s’agisse ou non d’élèves à besoin particulier (EBEP). C’est un vrai défi à relever au quotidien qui, pour Séverine Walker, a impliqué une profonde réflexion, aboutissant notamment à une réorganisation des espaces et des aménagements pour aboutir à une classe flexible. L’enseignante nous explique avoir « repris beaucoup de choses que que je faisais en CLIS, mais en les adaptant à la classe ordinaire ». Cela l’a amenée à travailler sur trois axes :

  • Le travail en groupe restreint, qui dans sa classe se déroule avec des tables organisées en U ou en ilot.
  • L’importance de la manipulation, parce que les élèves, surtout s’ils sont en difficulté, ont besoin de se confronter à du concret pour acquérir les différentes compétences. Le fait de travailler par petit groupe facilite la manipulation, précise-t-elle.
  • L’individualisation des parcours : comme en ULIS, il s’agit de travailler par petits groupes de besoins, pour adapter les parcours de chacun. L’objectif est de permettre à tous les enfants de se sentir bien dans la classe et d’évoluer au mieux de leurs capacités.

Plusieurs espaces pour la classe flexible de « Maitresse Sev »

Ces différents axes de travail se traduisent par une réorganisation des espaces dans la classe. La classe flexible de Séverine Walker propose ainsi :

  • Un Centre Guidé, où les enfants travaillent avec la maitresse. C’est là que sont réalisés les apprentissages et les séances de découverte, en groupes homogènes  (composés d’enfants ayant les mêmes besoins) ou hétérogènes (favorisant l’entraide et la coopération entre enfants de besoins et niveaux différents). Dans ce Centre Guidé, l’enseignante adapte la disposition des tables selon les besoins : tables en U, tables en C, voire à des tables en rang d’oignon pour le travail d’écriture et de copie face au tableau.
  • Un Centre d’Autonomie, où les enfants se débrouillent et peuvent travailler seuls, en binôme ou en groupe de trois ou quatre élèves. Pour ce travail en autonomie des CE1 et CE2, plusieurs types d’assises sont proposés : des poufs,  des tabourets qui tournent, des ztools (grand succès auprès de Lola, élève de CE2, qui explique qu’on peut les emporter partout et s’installer n’importe où pour travailler), des tabourets oscillants (qui permettent de se balancer comme on veut, nous dit Noah, en CE1). On y trouve aussi des chaises scolaires traditionnelles, car certains élèves y tiennent tout particulièrement. Dans ce Centre d’Autonomie, Séverine Walker veut aussi promouvoir l’entraide et la coopération, et inciter les enfants à se demander quel camarade ils peuvent solliciter pour telle ou telle activité.
  • Un espace supplémentaire pour les élèves en grande difficulté. L’enseignante a créé un ilot près d’elle, près du U, donc, pour les élèves qui ne peuvent pas travailler en autonomie. Au moindre problème ou en cas de difficulté de concentration, elle peut intervenir et les aider.

Séverine Walker rappelle que, si la classe flexible n’est pas toujours la réponse à tous les problèmes, elle lui a permis d’accueillir deux élèves d’ULIS, inclus dans sa classe, sans procéder à des adaptations supplémentaires. « On est parfois inquiet avant d’accueillir des élèves ULIS en classe ordinaire, car on pense qu’il va falloir beaucoup modifier et adapter sa pratique de classe, » dit-elle. « Mais grâce à la classe flexible, je n’ai pas vraiment eu besoin de faire des changements pour accueillir ces enfants et les accompagner dans leurs apprentissages. Leur présence apporte beaucoup à tous les élèves de la classe, qui font souvent preuve de beaucoup de patience et d’empathie ».

En tout cas, les enfants ont l’air de se plaire dans cette classe. Ils en apprécient les différents espaces et les nombreuses options d’assises. « On avait un ballon jaune ‘Emoji’, je l’aimais bien mais il s’est dégonflé, on ne pouvait plus l’utiliser. Ensuite, le ballon vert aussi ! » raconte ce petit garçon. Il garde le sourire car heureusement, il y a également dans la classe « des chaises rondes qui tournent, et puis des ztools »… qui font décidément l’unanimité.

Retrouvez tous nos épisodes avec Séverine Walker ici !

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