Aménagement des espaces éducatifs
Classe de demain

Éducation

Classes dédoublées en CP : quel aménagement de l’espace pour quelle pédagogie ?

2 mai 2018
Nouvelles classes

Depuis la rentrée 2017, on compte 2500 classes de CP dédoublées dans les établissements des Réseaux d’Education Prioritaires Renforcés (REP+). C’était une promesse de campagne d’Emmanuel Macron. Le dispositif s’étendra aux CP de REP et aux CE1 de REP+ d’ici 2019. Des classes de 12 élèves impliquent des transformations en termes de pédagogie et d’aménagement de l’espace dans les écoles et dans les classes.

L’objectif des classes dédoublées : « 100% de réussite en CP »

Savoir lire, écrire, compter, respecter autrui : voilà ce que tout élève doit savoir en fin de CP. Le dédoublement des classes doit permettre aux élèves les plus fragiles, dans les réseaux d’éduction prioritaire renforcée, d’acquérir plus facilement ces fondamentaux. Une façon d’éviter que ne se creusent les inégalités dès le plus jeune âge. 56 000 élèves bénéficient de ce dispositif depuis la rentrée 2017.

12 élèves par classe pour un suivi individualisé

Avec des classes de 12 élèves, le professeur peut être au plus près des besoins de chacun et offrir un suivi personnalisé. Il peut intervenir dès qu’il observe des difficultés chez l’apprenant, repérer les mauvaises habitudes et les corriger rapidement avant qu’elles ne s’installent. Cette proximité entre l’enseignant et l’élève favorise un climat de confiance, nécessaire à la réussite scolaire.

Un investissement des élèves facilité

Dans une classe à effectif réduit, l’élève peut prendre la parole plus facilement et plus régulièrement. Cet investissement l’aide à se sentir concerné par les apprentissages. De son côté, l’enseignant dispose de davantage de temps pour solliciter les enfants timides qui auraient tendance à se mettre en retrait dans un groupe classe plus conséquent. Deux fois moins d’élèves dans une salle de classe génère aussi une ambiance de travail moins bruyante et plus sereine, facilitant la transmission des savoirs fondamentaux.

Une nouvelle organisation de l’apprentissage

Un effectif divisé par deux permet au professeur d’organiser des petits groupes de besoin, de multiplier les ateliers au sein de la classe et d’accorder plus d’autonomie aux élèves. Ces évolutions dans la manière d’enseigner supposent une nécessaire réflexion sur l’aménagement de l’espace dans la salle de classe.

Repenser l’aménagement de la classe

La mise en place du dédoublement des classes de CP dans les quartiers prioritaires incite à réinterroger les pratiques pédagogiques, mais également l’agencement des espaces d’apprentissage. Il existe en effet une corrélation entre l’aménagement de la classe et la réussite des élèves.

Des espaces flexibles et modulaires

L’organisation d’ateliers au sein de la classe implique la mise en place d’espaces différenciés, flexibles et modulaires. Ils pourront évoluer en cours d’année, en fonction des nécessités pédagogiques du professeur et des projets qui pourraient être mis en œuvre dans la classe.

Cet aménagement assure également une continuité entre la Grande Section de maternelle et le CP. Cette transition en douceur est préconisée par différents rapports, tant pour les classes dédoublées que pour les classes « traditionnelles ». Les enseignants sont parfois frileux à l’idée de sortir de l’agencement frontal, soit une classe entière installée (plus ou moins) sagement face au tableau, du matin au soir. Or un aménagement différent permet aux élèves de changer de position pendant la journée : confortablement installés dans les fauteuils d’un coin lecture, debout pour peindre ou réaliser une expérience scientifique, assis pour un temps d’apprentissage. Un premier pas vers le « Flexible Seating », dont les effets bénéfiques pour la concentration et la réussite des enfants ont été prouvés.

Des espaces délimités et identifiés

Espaces d’apprentissage avec l’enseignant, espaces jeux, bibliothèque, numérique, espaces de pratiques artistiques… chaque aménagement doit répondre à une fonction spécifique. Il est indispensable qu’ils soient clairement délimités et organisés selon leurs particularités, de façon à être correctement repérés. Cloisons basses, meubles de rangement, tapis, chevalets, peuvent par exemple être utilisés pour marquer les différentes zones de la salle de classe.

Des espaces bien répartis dans la salle de classe

Pour éviter les zones d’interférence, il est préférable de ne pas accoler les espaces pouvant générer du bruit. Pour éviter les attroupements, mieux vaut aussi répartir de façon équilibrée les pôles d’attractivité. Il est enfin essentiel d’assurer une circulation fluide entre les différents ateliers. Autant d’astuces qui permettent d’optimiser l’organisation d’une classe pour une meilleure prise en compte des besoins des élèves.

Aménager l’école pour permettre le dédoublement de classes

Pour dédoubler des classes, il faut des locaux disponibles. Pour certaines écoles ce n’est pas un souci, pour d’autres c’est un casse-tête et un réel investissement financier. Enfin, pour une troisième catégorie, le dédoublement peut s’avérer mission impossible. Il faut alors pallier le manque de salle supplémentaire.

Des locaux à réhabiliter ou à construire

Certaines écoles ont pu mettre en place le dispositif car l’établissement scolaire disposait de salles vacantes, qu’il était possible de réhabiliter et d’aménager. Quelques-unes ont sacrifié la salle des maîtres, repensé les usages de la bibliothèque ou de la salle informatique pour gagner de la place. Des communes ont fait le choix de construire de nouvelles classes « en dur », et d’autres ont investi dans des salles modulaires, deux fois moins chères : il s’agit de containers en bois, équipés du chauffage, de la climatisation, et répondant aux normes du Ministère de l’Education Nationale.

86% des écoles élémentaires REP+ ont ainsi pu dédoubler les classes de CP à la rentrée 2017. Qu’en est-il des 14% restants ?

Le co-enseignement

Dans les 14 % d’établissements scolaires qui n’ont pu se doter de salles de classe supplémentaires, le co-enseignement apparait comme une solution efficace : deux professeurs s’organisent pour faire classe à 24 élèves dans une seule et même salle. Cette solution est ainsi plus facile à mettre en place que la cohabitation, où il est cette fois question de couper une salle en 2, de façon virtuelle ou par le cloisonnement, afin d’accueillir 2 groupes de 12 élèves avec chacun un enseignant.

Le co-enseignement implique de nouvelles modalités d’organisation. Flexibilité et mobilité en deviennent les maîtres mots. En termes d’aménagement du temps, une partie des élèves peut par exemple se rendre à la bibliothèque ou à la salle informatique avec un des maîtres, pendant que les autres restent dans la classe. En termes d’organisation spatiale, l’aménagement de la classe doit être pensé en différentes zones, pour faciliter le co-enseignement mais aussi l’autonomie des enfants. Grâce à un mobilier adapté, les espaces jeux, numérique, bibliothèque, pratique artistique répondent ainsi pleinement aux besoins de ces classes mutualisées.

D’ici 2019, le dispositif de dédoublement de classes concernera aussi les CE1 des REP+ et les CP des REP. Les communes et les équipes enseignantes n’ont pas fini de rivaliser d’ingéniosité pour aménager les espaces qui répondront aux besoins de pédagogie différenciée.  

 

Laisser un commentaire
{{totalComments}} commentaires
Array
Auteur : Bertrand

Responsable Éducation et Numérique

 #Sportif #Passionné #Curieux

Commentaires ({{totalComments}})

  • {{comment.author.firstName}} {{comment.author.lastName}}, {{comment.createdAt}}
    {{answer.author.firstName}} {{answer.author.lastName}}, {{answer.createdAt}}

Laissez un commentaire