Aménagement des espaces éducatifs
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Éducation

Numérique à l’école : quel impact sur les aménagements en classe ?

26 avril 2019
Article

 Le numérique est  entré dans les classes. Il y modifie parfois les habitudes, la pédagogie, mais les aménagements aussi.

On cerne de mieux en mieux l’impact du numérique sur les apprentissages: il offre de nouveaux supports, plus interactifs, et permet d’expérimenter de nouvelles manières d’apprendre, comme par exemple avec la « classe inversée », où les élèves découvrent et apprennent leur leçon chez eux grâce à plusieurs ressources multimédia, puis consacrent le temps scolaire aux exercices et aux échanges. Il apporte des changements côté matériel aussi, avec plusieurs manuels qui peuvent être concentrés sur une tablette. Le cartable numérique est forcément plus léger.  

Mais ce que l’on sait moins, c’est que les objets numériques et leur utilisation ont aussi des conséquences sur l’aménagement et l’organisation des espaces.

Dans le cas de l’école Henri-Sellier à Colombelles, le projet d’aménagement des classes a été intimement associé à la réflexion menée sur le numérique. La mairie, très impliquée dans le projet, explique avoir rapidement réalisé que les nouveaux outils numériques mis à la disposition des enseignants pour les élèves pouvaient impliquer la réorganisation des espaces avec un mobilier plus flexible et modulable. Par exemple, quand des tablettes ont été distribuées dans les classes par pack de 12, les élèves se sont réunis spontanément par petits groupes, voire en duo, autour de chaque tablette. L’émergence de ces petits groupes de travail a permis de pousser plus loin la réflexion sur de nouveaux aménagements, en micro zones d’activités et avec des assises mobiles notamment.

Les tablettes : un impact sur la motivation des élèves…  et l’organisation de l’espace

Dans certaines écoles, le numérique est parfois d’abord simplement adopté pour modifier certaines pratiques pédagogiques, soutenir des élèves en difficultés par exemple, ou tout simplement pour accroitre la motivation de chacun : les tablettes, avec l’interactivité qu’elles génèrent, rendent les exercices plus attractifs. Mais très vite, l’impact de ces outils dépasse largement la seule motivation. Pour Magali Siffre, de la DANE (Délégation académique au numérique éducatif), il est désormais évident que le numérique influence aussi les aménagements : « D’une façon générale, l’arrivée des tablettes dans les classes permet de modifier à la fois les postures des élèves et des professeurs », explique-t-elle. « Il n’est plus nécessaire pour un élève de faire face au tableau pendant toute une heure, ni de rester à la même place. Il peut travailler debout, ou assis par terre, seul ou en équipe, se déplacer, changer de place avec un autre élève, se libérer de son cartable... Et pour l’enseignant, la tablette permet de gérer par exemple une vidéo projection à distance. Elle lui est également utile pour faire l’appel. La première conséquence est qu’il est moins souvent bloqué derrière son bureau ». Certaines écoles font d’ailleurs le choix de tout simplement supprimer le bureau de l’enseignant.

Un aménagement indispensable au bon usage des outils numériques

Ces modifications d’installations sont ici notamment liées au caractère « mobile » de ces outils numériques que sont les tablettes. Mais ce n’est pas toujours le cas. D’autres dispositifs sont fixes, et changent pourtant eux aussi l’organisation de la classe. Par exemple, le tableau blanc interactif (TBI pour les initiés) rencontre un réel succès dans les classes où il renforce l’apprentissage collectif. « Je trouve que les échanges avec les élèves sont plus nombreux : on apprend ensemble », explique une enseignante de l’école Jeanne-de-Lys à Nancy à propos de ce tableau. Mais un tel outil, pour réellement bien fonctionner, peut précisément nécessiter un réaménagement de la classe : installer un TBI en plus d’un tableau classique, chacun sur deux murs différents de la salle, implique pour les élèves de pouvoir se tourner alternativement vers l’un et vers l’autre. Il s’agira de choisir des assises flexibles : aux classiques chaises-bureaux, on pourra préférer des tabourets ou d’autres assises mobiles, qu’on rassemble facilement devant le tableau quand on l’utilise. L’outil risque de ne pas trouver son usage sans cette réflexion… ce qui serait particulièrement dommage quand on considère le coût d’acquisition de ce type de matériel.

Pour aider les décideurs à mieux comprendre le fonctionnement des outils digitaux en classe et leur impact sur l’aménagement des espaces, et par conséquent à mieux choisir le matériel dont ils ont besoin, la DANE a ouvert les EducLabs : ces lieux d’échange de pratiques autour du numérique sont animés par des conseillers pour accompagner les collectivités, les établissements et les enseignants dans la définition de leurs besoins. Ils peuvent y découvrir « grandeur nature » les différents équipements qui existent, et les aménagements possibles pour les utiliser au mieux. Ils y reçoivent des conseils et une assistance pour leurs projets et leurs diverses expérimentations numériques. Visiter ces EducLabs est particulièrement important pour ne pas faire d’erreur d’appréciation quand on commence à réfléchir à ces problématiques et qu’on envisage l’achat de dispositifs numériques et de mobiliers associés.

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