Aménagement des espaces éducatifs
Classe de demain

Éducation

Réinventons la classe grâce aux neurosciences

14 janvier 2019
Nouvelles classes

Et si le cerveau était un gymnaste ? Contrairement à une croyance ancrée auprès de nombreux enfants en difficulté, l’apprentissage est un processus permanent où l’intelligence se développe et se travaille sous de multiples formes. Et l’environnement de la classe peut jouer son rôle dans ce processus. Exit les murs blancs ! De nombreux spécialistes en neurosciences abordent la classe comme un moyen pour stimuler le système cognitif des élèves et renforcer ainsi leur motivation. Faire des cinq sens votre meilleur atout, c’est à découvrir par ici.

S’appuyer sur le « bouquet d’intelligences »

Grâce aux neurosciences, l’apprentissage peut s’ouvrir à de nouvelles perspectives. C’est le scientifique Howard Gardner, professeur de psychologie à l’université de Harvard, qui a parlé pour la première fois de « bouquet d’intelligences » dont chaque individu serait doté de neuf façons pour percevoir son environnement et faire son apprentissage : l’intelligence corporelle, naturaliste, interpersonnelle, intrapersonnelle, existentielle, logique, linguiste, musicale et spatiale. Une tout autre façon de concevoir la mémorisation de l’information par l’apprenant, avec au cœur de la théorie, une place toute particulière accordée aux cinq sens. Pour créer, apprendre une leçon, résoudre un problème ou encore vivre en communauté, chaque individu utiliserait plusieurs formes d’intelligence simultanément. Un levier sur lequel s’appuient de nombreux chercheurs pour expliquer l’hétérogénéité de notre société. Si chaque individu dispose d’une sensibilité différente et apprend à sa manière, les possibilités d’apprentissage au sein de la classe sont infinies ! Alors les sens peuvent-ils renforcer la créativité et encourager la concentration des élèves ? Il semblerait que certaines études scientifiques répondent positivement à la question.

Faire vibrer la classe avec les couleurs

Pour commencer une approche sensorielle de la classe, le premier pas est souvent celui de la couleur. Et contrairement aux idées reçues, la couleur ne serait pas qu’une question de goût ! Loin d’être anodin, le choix des couleurs est avant tout culturel, comme le souligne Michel Pastoureau, historien et spécialiste de la symbolique de la couleur : « La couleur n’est pas tant un phénomène naturel qu’une construction culturelle complexe, rebelle à toute généralisation, sinon à toute analyse ». Si notre œil ne perçoit que le rouge, le vert et le bleu, les nuances du chaud au froid sont avant tout une question de sensibilité. Alors les couleurs peuvent-elles nous faire « voir la vie en rose » ? « Passer du blanc au noir » ? Ou « tirer à boulets rouges » ? Il semblerait que oui ! Le bleu et le vert forment un consensus pour la concentration et la relaxation alors que le jaune et le rouge stimulent la créativité. Une lecture chromatique qui peut selon une étude de l’université d’Austin, influencer l’humeur et la productivité au sein d’une classe. Ensuite, tout dépend de l’éclairage. La lumière joue un rôle essentiel dans l’apprentissage des élèves. Un point soulevé notamment au travers de l’accessibilité des fenêtres pour les élèves dans Les écoles qu’il nous faut, de Marc-André Carignan. Car la lumière naturelle aurait un effet bénéfique majeur sur la santé, en améliorant la qualité du sommeil et la productivité pendant la journée.

Mettre le bruit en sourdine

Véritable difficulté pour le professeur, le bruit est le premier biais où se perd la concentration des élèves. Selon l'Association Française de Promotion de la Santé Scolaire et Universitaire (AFPSSU), 80% des salles de classes souffrent d’une mauvaise acoustique. Des nuisances, qui à répétition, fatiguent les élèves comme les enseignants. L’association émet plusieurs recommandations afin de limiter la nuisance sonore dans un rapport consacré à l’environnement sonore. L’AFPSSU recommande d’établir un bilan du bruit au sein de la classe, sensibiliser les élèves au sujet, établir des temps calmes. Le tout pour responsabiliser les élèves et baisser la dose de bruit quotidienne ! Le rapport souligne également l’importance de l’agencement de la classe pour plus de convivialité. Une question centrale pour l’aménagement flexible qui propose de créer plusieurs zones afin de répondre à différents objectifs : une zone centrale de rassemblement, des îlots pour travailler en petits groupes, un coin lecture, un autre pour travailler seul… Tout en sachant que plus les élèves s’approprieront l’espace plus ils en seront respectueux. Autant de petites astuces qui permettent d’améliorer « l’ambiance sonore ».

D’autres pistes sont possibles

Si le goût ou le toucher sont indispensables au cours de la journée, ils restent difficilement exploitables en dehors des ateliers découverte. La classe pourrait cependant faire appel à un sens encore peu exploité : l’odorat. Une piste déjà envisagée dans le secteur privé par de nombreuses marques pour évoquer un sentiment de bien-être. Par exemple, le Crédit Agricole Centre-est diffuse depuis 2015 dans ses 300 agences un parfum dont l’essence a pour objectif de véhiculer les « valeurs de responsabilité, dynamisme, convivialité, et proximité » de la banque. Comme le souligne Arnaud Aubert, enseignant-chercheur en neurosciences et psychophysiologie à l'université de Tours, les odeurs influencent notre état d’esprit pour apaiser nos émotions : « Nous les mémorisons dans notre système limbique, qui est le siège des émotions. Elles réactivent des souvenirs et peuvent nous aider à nous sentir bien ». Une approche qui pourrait un jour trouver son écho dans le milieu scolaire.

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Auteur : Marie

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