Aménagement des espaces éducatifs
Classe de demain

Éducation

Le dilemme entre la méthode traditionnelle et l’intégration des nouvelles technologies à l’école

25 octobre 2018
Nouvelles classes

Alors que le débat de l’interdiction du téléphone portable à l’école est présent, les chiffres de l’OCDE montrent un écart de plus en plus grand entre les pays. Des pays comme l’Indonésie avec Singapour et la Finlande sont cités en exemple pour la qualité de leur système éducatif alors que la France semble prendre un certain retard. Il est vrai que les méthodes d’apprentissage varient d’un pays à l’autre… Certains pays prônent l’humain et l’empathie, d’autres favorisent la discipline et la compétition, certains courants préfèreront fuir les nouvelles technologies, d’autres en feront le cœur de leur méthode d’apprentissage. Y-a-t-il une solution universelle ? Et si oui, est-elle réellement exportable ?

Singapour | Entre discipline et compétitivité

Singapour apparaît en tête en termes de résultats scolaires que ce soit en sciences, en mathématiques et en lecture. Les rythmes sont stricts et conséquents. Les cours commencent tôt : travail, efforts et discipline sont les bases. Le système éducatif représente plus de 20% du budget de l’Etat accès notamment sur la formation des enseignants, la construction d’écoles et de lieux d’apprentissage de qualité. Aujourd’hui, Singapour est reconnue pour ses méthodes d’apprentissage. En sus des méthodes pédagogiques innovantes, s’ajoutent des cours du soir. 80% des élèves suivent les cours de soutien proposés par des établissements privés dans le but de leur faciliter l’accès aux meilleures universités. Des cours sont même proposés à partir de l’âge de 6 mois ! Mais des inégalités se créent entre les enfants bénéficiant de ces cours et les autres. L’ultra compétitivité fait rage, les journées sont longues et très chargées, la fatigue s’accumule. Le stress des enfants est une réalité qui aboutit parfois à des situations dramatiques. Pour lutter contre les suicides des jeunes enfants ou d’adolescents, l’Etat a d’ailleurs décidé d’assouplir le système de notation à partir de 2021. Le système ultra compétitif révèle ainsi ses limites.

La Finlande | Entre empathie et équité

Certains modèles éducatifs comme en Finlande s’orientent quant à eux vers l’autonomie, les activités et la bienveillance. A côté des matières traditionnelles, les travaux manuels et les activités sensorielles sont privilégiés : cuisine, arts, … Les enseignants utilisent aisément des jeux de rôle, pour comprendre la situation de l’autre, pour faciliter l’empathie et l’estime de soi. La surexposition aux écrans et la diminution des échanges entraineraient une chute de l’empathie, ils sont donc très peu utilisés.
Pour les finlandais, l’environnement contribue très largement au bien-être des élèves, pour favoriser une bonne attention et un meilleur apprentissage. Les projets architecturaux se construisent avec les enseignants autour de bâtiments lumineux, une bonne qualité d’air, des espaces de travail adaptés,... Il est vrai que le métier d’enseignant est fortement valorisé, notamment en ce qui concerne les études, les formations et les salaires.
En Finlande, le modèle en vigueur est celui de l’équité : chaque élève est traité différemment selon ses besoins. En comparaison, la France, applique le principe d’égalité :  tout le monde a accès aux mêmes méthodes…
Les journées sont courtes, la durée des devoirs à la maison n’excède pas 10 minutes. La population finlandaise est petite et homogène, le système éducatif semble difficilement applicable en France. D’ailleurs les conditions d’accueil des élèves et enseignants sont loin de proposer les mêmes environnements. Certaines écoles du types Montessori et Freinet proposent des approches similaires.

Avec ou sans numérique

Les méthodes pédagogiques diffèrent, aux Etats-Unis par exemple, certaines écoles intègrent le numérique d’autres le rejettent totalement, préférant développer la créativité dans l’éducation et confiance en soi. L’École Waldorf née en Allemagne et développée aux Etats-Unis base son éducation sur l’eurythmie, l’art, le dessin, le théâtre mais sans numérique et ce, jusqu’au Lycée ! Certains parents travaillant toute la journée sur les nouvelles technologies au cœur de la Silicon Valley on fait le choix de cette école. Ils préfèrent, en effet, que leurs enfants acquièrent une certaine maturité avant d’être confrontés aux écrans.
Le défi de l’école de demain oscille entre créativité et personnalisation des modes d’apprentissage. Comment personnaliser l’école sans créer d’inégalités ? ALT School propose un enseignement sur- mesure avec outils technologiques et des leçons organisées sous forme de playlist personnalisées. Si les supports sont numériques, les élèves sont accompagnés par des professeurs. Mais il s’agit d’une école privée dont les frais de scolarité sont très élevés. Les avis des parents sont tranchés quant à ce type de pédagogie.
En parallèle, se développent des plateformes de e-learning qui proposent des MOOC (pour massive open online course). Parmi ces cours en ligne accessibles à tous, la Khan Academy fait partie des plus connues. L’idée est de fournir contenu éducatif de qualité, gratuite et accessible pour s’auto-éduquer. Mais il s’avère que le taux d’abandon des MOOC est fort, les élèves, quel que soit leur âge, préfèrent encore l’interaction humaine.

Le numérique, un facteur de réussite ?

A l’heure où les nouvelles technologies investissent de plus en plus notre vie quotidienne ainsi que certaines salles de classe avec des logiciels d’apprentissage sur PC, de la lecture assistée sur tablette, des professionnels de l’éducation et des chercheurs pointent les risques de la surexposition des enfants aux écrans. Les enquêtes PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) de l’OCDE réalisées tous les 3 ans démontrent que les l’utilisation des TIC (Technologies de l’Information et de Communication) est loin d’être un facteur déterminant dans la performance scolaire. « La plupart des pays ayant consenti d'importants investissements dans les TIC dans l'éducation n'ont pas enregistré d'amélioration notable des résultats de leurs élèves au cours des 10 dernières années. »
Les systèmes considérés efficaces en Asie et en Europe du nord montrent que les technologies utilisées ont pour but de faciliter l’interconnexion des enseignants et le matériel pédagogique mais en classe, le numérique est peu utilisé directement par les élèves.

Et la France ?

Même si le système éducatif français n’offre pas toutes ces opportunités, beaucoup d’enseignants savent proposer des méthodes pédagogiques avec bienveillance : pédagogie inversée, méthode Singapour, ateliers créatifs. La classe inversée se développe de plus en plus dans le monde comme en France. L’idée est de proposer aux élèves un enseignement magistral à distance (dispenser le cours magistral, regarder une capsule par exemple) afin de consacrer le temps en classe aux exercices d’application, aux échanges et aux questionnements.
Même s’il reste des efforts pour faciliter le travail des enseignants : locaux adaptés, formations, outils, … Pour autant, du fait des spécificités de chaque pays, il est difficile d’imaginer transposer en France les pratiques d’ailleurs. Reste alors pour la France à trouver sa une véritable identité pédagogique.


Vous pouvez retrouver le reportage sous ce lien Emission ARTE – L’école de demain Les innovations dans le monde et consulter les enquêtes du PISA.

 

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Auteur : Catherine

Chargée de communication

#Sportive #Impliquée #Curieuse

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